Camille Desmoulins

28 janvier 2009

Vol d’obélisque ?

Filed under: Divers — Camille Desmoulins @ 7:41

Ca n’aura échappé à personne, au milieu de la place de la Concorde à Paris se dresse un majesteux obélisque. Certaines personnes culpabilisent en le voyant, persuadées qu’il s’agit d’un vol perpétré par Napoléon lors de la compagne d’Egypte (1798-1799). Que nenni !

C’est Mohamed Ali, vice-roi d’Egypte qui offrit les deux obélisques de Louxor à la France au début de l’année 1830 pour s’attirer les bonnes grâces de Charles X. Champollion conseilla au gouvernement de commencer par rapatrier un des deux obélisques, ce qui constituait déjà un sacré challenge, étant donné le poids du monument (230 tonnes). Le monolithe fut notamment transporté par navire entre Louxor et Toulon entre décembre 1831 et mai 1833. Arrivé à Paris en août 1834 par la Seine après un périple de 12 000 km, il ne fut erigé qu’en octobre 1836 lors d’une grande manifestation à laquelle assistèrent 200 000 personnes dont Louis-Philippe, devenu roi des Français depuis la révolution de juillet 1830.

En 1981 Mitterrand renoncera officiellement, au nom de la France, à son « droit » sur le deuxième obélisque de Louxor.

C’est par hasard que j’ai découvert dans le musée de la Marine (Trocadéro) quelques maquettes et reconstitutions du voyage de l’obélisque. Voici quelques photos !   

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Mise de l’obélisque en position horizontale

 

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Chargement de l’obélisque dans le navire

 

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Erection de l’obélisque à Paris, place de la Concorde

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26 novembre 2008

Le palais disparu

Filed under: Divers — Camille Desmoulins @ 9:03

Le palais des Tuileries fait partie des monuments de Paris les plus importants de l’Histoire de France … et pourtant il présente un gros inconvénient : il a disparu.
Ancienne résidence royale et impériale (Henri IV, Louis XIV, Louis XVI, Napoléon 1er et Napoléon III y ont notamment vécu) construite en 1564, le palais a été détruit en 1882 suite à son incendie en mai 1871 pendant la Commune.

Situés côte à côte, les châteaux des Tuileries et du Louvre ont été progressivement reliés l’un à l’autre, comme le montre le schéma suivant, qui provient du site du Ministère des Finances (lequel a occupé l’aile nord de 1871 à 1989)  :

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Il existe un Comité National de Reconstruction des Tuileries qui milite pour faire renaître le palais (demande d’inscription ici). Le coût est estimé à environ 350 millions d’euros.

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Le palais au premier plan est celui de Tuileries, celui au fond est le Louvre.

Mais le projet de reconstruction du palais des Tuileries rencontre de sérieux obstacles.

Certains la dénoncent, jugeant qu’il est préférable de concentrer les moyens sur les monuments existants et qu’il serait dommage de refermer la perspective pyramide du Louvre – obélisque de la concorde – grande arche (voir ici pour plus de détails).

Interrogée en mars 2008 par des journalistes sur ce dossier, la ministre de la Culture Christine Albanel a répondu dans le même sens : « Nous avons beaucoup d’urgences patrimoniales en France. Je ne crois pas du tout que la première urgence soit la reconstruction des Tuileries».

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Photo prise par Barberousse lors d’une exposition à Paris ;
on voit que le palais des Tuileries « fermait » le Louvre puisque le Carousel était à l’intérieur de l’ensemble

1 novembre 2008

Bonaparte et l’Egypte

Filed under: Divers — Camille Desmoulins @ 10:25

En mai et juin 1798, une flotte française de 400 navires avec 50 000 hommes à bord (dont 180 scientifiques de haut niveau) échappe miraculeusement aux Anglais et se dirige vers l’Egypte pour une incroyable expédition.

Cette « armée d’Orient » est conduite par Bonaparte, jeune général rentré récemment victorieux d’Italie. Sentant que l’heure d’un coup d’Etat n’a pas encore sonné, il choisit donc de tenter de s’illustrer loin de Paris, et le gouvernement (le Directoire) voit s’éloigner l’ambitieux militaire avec satisfaction.

Cette tentative de colonisation de l’Egypte, absurde politiquement et mal préparée militairement, va avoir un impact considérable sur la carrière de Bonaparte et sur l’état de certaines connaissances scientifiques.

L’institut du Monde Arabe à Paris présente actuellement une superbe exposition (du 14 octobre 2008 au 29 mars 2009) principalement consacrée à cette expédition.

Affiche de l’exposition à l’Institut du Monde Arabe

Esthétiquement très réussie, l’exposition permet de découvrir des documents dont certains m’ont particulièrement impressionné, parmi lesquels :
– le rapport de Talleyrand, ministre des Affaires étrangères, expliquant au Directoire l’intérêt pour la jeune République française de lancer une expédition en Egypte,
– la lettre que Bonaparte a écrit au général Kleber, lui indiquant qu’il est parti regagner la France et qu’il lui laisse le commandement sur place [Kleber sera assassiné au Caire en 1800],
– le meuble de l’Assemblée Nationale créé spécialement pour accueillir la monumentale édition de la Description de l’Egypte, qui rassemble les connaissances accumulées lors de l’expédition,
– le tableau du peintre vésulien Gérôme, représentant Bonaparte face au Sphinx (on voit sur la gauche au premier plan les ombres de militaires accompagnant le général).

Bonaparte devant le Sphinx par Jean-Léon Gérôme

Edition de 1809 de la Description de l’Egypte

N’hésitez donc pas à vous rendre à l’Institut du Monde Arabe (la visite guidée par une personne en chair et en os vaut le coup) avant fin mars !
Pour ceux que ça intéresse, cliquez ici (à partir de 11’09, ça vaut vraiment le coup) pour entendre un des plus grands historiens de l’époque napoléonienne présenter l’exposition ; c’est toujours un bonheur d’entendre l’enthousiasme de Jean Tulard. 

Seule petite critique concernant l’exposition : j’ai été surpris que ne soit pas évoqué le tragique massacre de Jaffa (Syrie) ordonné par Bonaparte (une de ses plus mauvaises décisions ?)

L’extrait ci-dessous, tiré du film « Napoléon » de Simoneau, donne une idée de ce qu’a pu être la vie des militaires français en Egypte il y a plus de 200 ans.

 

20 octobre 2008

Munich 1938

Filed under: Divers — Camille Desmoulins @ 10:24

La conférence de Munich de septembre 1938 présente un double intérêt historique : étape très importante dans l’inéluctable marche vers la seconde guerre mondiale, elle constitue aussi une (mauvaise) référence en matière de politique internationale.

La fameuse photo avec les quatre lors de la conférence de Munich : Chamberlain, Daladier, Hitler, Mussolini

Régulièrement, des pays envahissent ou interviennent militairement dans des pays frontaliers indépendants : l’Irak au Koweit en août 1990 ou la Russie en Géorgie en août 2008. Chaque fois, la réaction à apporter par la France est un véritable casse-tête pour le ministère des affaires étrangères, puisque les enjeux sont considérables et peuvent mener à un conflit armé. Les récentes déclarations incohérentes de la présidence de la République et du quai d’Orsay sur le conflit russo-géorgien en sont l’illustration.

On serait tenter d’adopter une règle simple (simpliste ?) selon laquelle la violation de frontières internationales d’un pays voisin, ou lié historiquement ou économiquement à la France ne devrait pas être acceptée. Le cas géorgien avec le rôle ambigu des Etats-Unis qui auraient poussé le président géorgien à la faute démontre cependant que tout n’est pas aussi simple… 

caricature montrant la France et l’Angleterre offrant la Tchécoslovaquie à l’Allemagne nazie

En septembre 1938, Hitler annonce clairement qu’il souhaite annexer une partie de la Tchécoslovaquie : la zone des Sudètes, où vivent une majorité de germanophones. Mussolini est à l’initiative d’une conférence le 29 septembre 1938 à Munich, où le sort de la Tchécoslovaquie est réglé entre les dirigeants de l’Allemagne (Hitler), l’Italie (Mussolini), l’Angleterre (Chamberlain, premier Ministre) et la France (Daladier, président du Conseil [=premier ministre]), mais en l’absence du Président tchèque Benes.

Poussés par l’opinion pacifiste de leurs pays, Chamberlain et Daladier finissent par concéder un compromis et abandonnent les Sudètes aux nazis. En septembre et novembre 1938, la Pologne et la Hongrie profite de l’affaiblissement de leur voisin tchèque pour s’attribuer plusieurs zones du pays.
Plus tard, Churchill écrira à propos de Munich : « Ils ont accepté le déshonneur pour avoir la paix. Ils auront le déshonneur et la guerre ».

Mussolini, Hitler et Göring devant la carte de la Tchécoslovaquie pendant la conférence de Munich

Finalement l’entière Tchécoslovaquie tombe dans l’escarcelle allemande en mars 1939 avec l’annexion de toute la partie ouest par l’Allemagne et la cessession de la partie est, la Slovaquie, qui devient un Etat satellite de l’Allemagne.

Carte du démentèlement de la Tchécoslovaquie, produite par l’exellent site www.atlas-historique.net

Je vous recommande la lecture du fantôme de Munich de G-M Benamou. Ce roman permet d’imaginer comment s’est déroulé ce sommet international si important, et comment s’est dessinée la défaite des démocraties. 

D’après l’AFP, le réalisateur américain d’origine tchèque Milos Forman (Vol au-dessus d’un nid de coucou) travaillerait à l’adaptation au cinéma du roman, épaulé pour le scénario par Vaclav Havel, dramaturge mais surtout connu pour avoir été chef de l’Etat tchèque de 1989 à 2003.

4 octobre 2008

Jumeaux et politique

Filed under: Divers,Personnages — Camille Desmoulins @ 10:33

Vous vous souvenez ? C’est avec surprise – dans un premier temps amusée – que l’Europe a découvert en 2006 que deux jumeaux, Lech et Jaroslaw Kaczynski, occupaient les postes de Président de la République et de premier ministre de Pologne.

Les frères Kaczynski 

Existe-t-il des exemples dans l’histoire française de frères jumeaux ayant chacun joué un rôle politique significatif ?

Je ne vois qu’un exemple : les (faux) jumeaux Debré, fils de Michel Debré, premier ministre du général de Gaulle. Voici un petit rappel de leurs carrières politiques :
Jean-Louis Debré (né en 1944) : proche de Jacques Chirac, plusieurs fois élu député, ministre de l’intérieur (1995-1997), président de l’Assemblée Nationale (2002-2007), président du Conseil Constitutionnel (depuis 2007). 
Bernard Debré (né en 1944) : proche d’Edouard Balladur, élu plusieurs fois député, ministre de la Coopération (1994-1995).

Si Jean-Louis est maintenant plus connu que Bernard, chirurgien de profession, ce dernier a tout de même rappelé dans un article du Monde le 18 juillet 2008 : « J’ai été maire, conseiller général, ministre avant lui » !

Bernard et Jean-Louis Debré

Sans présenter une telle double carrière politique, d’autres « couples » de jumeaux ont occupé des postes importants ou ont été influents au sein de partis politiques. Par exemple les frères Paul et Jacques Vergès : le premier a été député et sénateur, le second avocat dans de nombreux procès médiatisés et proche du parti communiste. Les frères Jacques et Bernard Attali constituent un autre exemple, puisque le premier a été conseiller spécial de Mitterrand et le second patron d’Air France.

PS1 :  Vous imaginez ?!

PS2 : petit clin d’oeil à … mon frère jumeau !

17 septembre 2008

La guillotine permanente

Filed under: Divers — Camille Desmoulins @ 6:20

Cet article est également disponible sur le blog collectif l’histgeobox (ma contribution personnelle y est encore très maigre), que je vous recommande vivement de visiter. L’objectif est, à partir d’une chanson, de donner des éléments d’explication ou de contexte liés à l’histoire et la géographie. Ecoutez et lisez par exemple Jaurès de Jacques Brel ou Le coup de Jarnac de Jean-Louis Murat (sur Mitterrand) ; vous serez certainement séduits par le concept et la réalisation !

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Le chant révolutionnaire « la guillotine permanente » (qui n’est pas un sommet de la culture française, il faut bien l’avouer), est interprété ici par Marc Ogeret.

En France comme à l’étranger, la guillotine est un symbole de la Révolution française. En effet, même si quelques machines avaient déjà été mises au point en Europe pour les condamnations à mort, c’est pendant la Révolution que la guillotine est inventée et surtout qu’elle devient l’unique moyen d’exécution.

Le 1er décembre 1789, le député Joseph-Ignace Guillotin [1738-1814] propose que l’Assemblée Nationale (la France est alors une monarchie parlementaire depuis juillet 1789) accepte une résolution, dont voici deux articles :
« -Article 1 : Les délits de même genre seront punis par les mêmes genres de peine, quels que soient le rang et l’état du coupable.
-Article 6 : Dans tous les cas où la loi prononcera la peine de mort contre un accusé, le supplice sera le même, quelle que soit la nature du délit dont il se sera rendu coupable. Le criminel sera décapité : il le sera par l’effet d’une simple mécanique. 
[…]  M. le Président [de l’Assemblée] suppliera le Roi de donner des ordres pour que le mode actuel de décapitation soit changé et qu’à l’avenir elle soit exécutée par l’effet d’une simple mécanique. »

Sous l’Ancien régime, les nobles « bénéficiaient » d’un régime de faveur puisqu’ils étaient décapités à l’épée (ou à la hache), ce qui, malgré certains cas qui ont nécessité plusieurs coups, était moins douloureux que les autres formes d’exécutions en vigueur (la pendaison, l’écartellement, la roue, etc).

Le texte de Guillotin (qui n’est pas encore une loi) est finalement accepté le 21 janvier 1790. Au grand regret du médecin député, son nom restera attaché à l’objet qui devait rendre l’exécution égalitaire et la plus indolore possible. Contrairement aux dires d’une légende tenace, le docteur Guillotin n’est pas le concepteur de la machine (c’est le chirurgien Louis [1732-1792]), et n’a pas été victime de « sa » machine, mais est mort d’un anthrax à l’épaule gauche, en 1814.

C’est le 3 juin 1791 que, sur proposition du député Le Pelletier Saint-Fargeau, l’article 3 du code civil stipule que « tout condamné à mort aura la tête tranchée ». Cette disposition est finalement intégrée dans le code pénal le 6 octobre 1791.

Exécution à Remiremont, 8 février 1899

Utilisée pour la première fois le 25 avril 1792, la guillotine est mal acceptée par le public, apparemment déçu de la rapidité de l’exécution et du manque de spectacle (par la suite la guillotine fut surélevée sur un échafaud pour permettre à la foule de mieux voir).
Pendant la Terreur, de septembre 1793 à juillet 1794, près de 50 guillotines sont installées en France et quelques 20 000 personnes sont exécutées.

La guillotine sera le seul moyen d’exécution civil jusqu’à la dernière exécution en France, le 10 septembre 1977, dans la prison des Baumettes à Marseille (depuis 1939 les exécutions n’étaient plus publiques).

 

8 août 2008

Les vrais duels politiques

Filed under: Divers — Camille Desmoulins @ 9:35

Vous imaginez il y a deux ans un duel à l’épée entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin suite à l’affaire Clearstream? Ou la semaine dernière un duel au sabre entre Bernard Tapie et François Bayrou suite à l’arbitrage favorable au premier dans l’affaire du Crédit Lyonnais/Adidas?
Complètement décalé et incongru? Pourtant, il y a quelques dizaines d’années, ce genre de réglements de comptes à ce niveau n’était pas impossible!

La coutume des duels est née au Moyen-âge. Contrairement à une idée reçue, c’est après la Révolution française et la démocratisation du port des armes à tout citoyen que la pratique des duels est devenue la plus répandue. L’âge d’or des duels est en fait réparti sur deux périodes :
– de 1789 à 1840 (sauf pendant la Terreur [1793-1794] ; on ne peut pas à la fois se battre et regarder les autres se faire guillotiner…) et 
– de 1875 à 1900, notamment avec la crise boulangiste et l’affaire Dreyfus, qui ont créé de nombreuses occasions de conflits individuels.
Ainsi, la France fait figure d’exception puisque la pratique du duel est tombée en désuétude beaucoup plus tôt dans la quasi-totalité des autres pays.

Duel entre Jean Jaurès et Paul Déroulède, le 4 décembre 1904

Depuis 1789, malgré plusieurs propositions de lois présentées par des députés, le code pénal français n’a jamais traité des duels. Lorsque des cas ont été portés devant la justice, les tribunaux ont parfois prononcé des condamnations, par exemple lorsque les règles d’égalité des chances n’étaient pas respectées. Mais la pratique des duels était en quelque sorte tacitement acceptée.

Un duel doit respecter certaines règles. En 1836, le comte de Chatauvillard rédigea un code du duel, connu sous le nom du code de Chateauvillars et qui devint la référence. On y définit notamment le principe selon lequel c’est la personne offensée qui a le choix des armes, et grand nombre de points pratiques. Souvent, il était établit un procès verbal d’après rencontre pour en attester la régularité.

Duel entre Gaston Deferre et Roger Ribière en avril 1967 (dernier duel politique)

Voici quelques duels célèbres :

  • Charles Floquet/Général Boulanger – 13 juillet 1888
    Floquet est alors le Président du Conseil (= 1er ministre actuel) et le général Boulanger est un député qui a une telle popularité qu’on pense qu’il va réaliser un coup d’Etat. Floquet l’interpelle à la Chambre : “A votre âge, général Boulanger, Napoléon était mort… ». Lors du duel (à l’épée), Boulanger est blessé, à la surprise générale.
  • Georges Clemenceau/Paul Deschanel – 27 juillet 1894
    Paul Deschanel et Georges Clemenceau sont deux parlementaires lorsque suite à l’affaire du canal de Panama dans laquelle Clemenceau est soupçonné (et pour cause!), ils s’affrontent en duel à l’épée. Clemenceau en sort vainqueur puisque Deschanel est blessé au front et a la paupière droite percée. Mais il saura prendre sa revanche, quelques 25 ans plus tard puisqu’en 1920 il sera élu Président de la République par le Parlement, face à … Clemenceau.
  • Colonel Henry/Colonel Picquart – 5 mars 1898
    Les colonels Henry et Picquart sont les symboles de l’affaire Dreyfus. Henry a réalisé un faux afin d’accuser à tort Dreyfus ; après être passé aux aveux, il se suicidera dans sa cellule le 31 août 1898. Le Colonel Picquart est un des premiers dreyfusards, ce qui le conduira provisoirement en prison. Picquart sort vainqueur de leur duel à l’épée.
  • Jean Jaurès/Paul Déroulède – 4 décembre 1904 
    Jean Jaurès est le leader du parti socialiste lorsqu’il est opposé en duel à Paul Déroulède, député nationaliste. Déroulède dit à Jaurès « vous êtes le plus odieux pervertisseur de consciences qui ait jamais fait, en France, le jeu de l’étranger », suite à un article ironique de Jaurès dans son journal, l’Humanité. Leur duel, au pistolet, se solde par un match nul. Quelques années plus tard, le 31 juillet 1914, dans d’autres conditions, c’est bien un pistolet (celui de Raoul Villain) qui mettra fin à la vie de Jean Jaurès.
  • Gaston Deferre/Roger Ribière – 20 avril 1967
    En pleine chambre des Députés, Ribière, député gaulliste est traité d’« abruti » par le président du groupe socialiste et maire de Marseille, Deferre au cours d’un débat houleux. Ce dernier refuse de se rétracter puis il sort vainqueur du duel, qui est considéré comme le dernier duel politique de l’Histoire de France.

Voici quelques autres duellistes politiques célèbres : Hoche, Barnave, Lameth, Benjamin Constant, Lamartine, Thiers, Victor Hugo, Gambetta, Jules Ferry, Aristide Briand, Léon Blum.
A noter que Camille Desmoulins fut provoqué en duel en 1790 par des royalistes. Opposé au principe du duel, il déclina…

A bientôt!

22 juillet 2008

1769, Paris Plage

Filed under: Divers — Camille Desmoulins @ 11:44

Hier a été relancée l’opération annuelle « Paris-Plage », inaugurée en 2002 par la municipalité de Paris.

Opération Paris-Plage en 2004, au niveau du Pont-Neuf

Il ne faut pas croire que l’association entre Paris, la Seine et les parasols date du XXIème siècle!

En effet, un établissement a été créé dès septembre 1769 après avoir obtenu l’exclusivité de la location des parasols au niveau du Pont-Neuf. D’ailleurs, la société s’appellait « La Société des parasols du Pont-Neuf ».

Plus exactement, il s’agissait de permettre aux passants de traverser le Pont-Neuf tout en se protégeant de l’incommodation du soleil et du bronzage, particulièrement mal vu à l’époque. On trouvait donc une cahute à chaque extrémité du pont, où on prenait et rendait les parasols. La location coûtait 2 liards par personne et par traversée.

liard Louis XVI, 1782

Bonne sieste ensoleillée,

PS : pour ceux qui voudraient en savoir plus, je vous recommande l’ « Histoire du Pont-Neuf », par Edouard Fournier, 1862

17 juillet 2008

14 juillet

Filed under: Divers — Camille Desmoulins @ 8:15

C’est en 1880, avec la promulgation de la loi le 6 juillet, que le 14 juillet est devenu fête nationale. Pourquoi le 14 juillet ? Question a priori idiote puisque tout le monde a en tête le 14 juillet 1789, date de la prise de la Bastille, et à ce titre symbole de la fin de la monarchie absolue.  

Première fête nationale officielle, le 14 juillet 1880

Lors des discussions au Sénat en 1880, le 5 mai -référence à l’ouverture des Etats-Généraux le 5 mai 1789- et le 4 août -référence à l’abolition des privilèges le 4 août 1789- ont été écartés. La référence au 14 juillet 1789 posait également problème à cause du caractère violent de cette journée et également à cause de la réticence de certains parlementaires à l’idée même de la République.

En fait, le 14 juillet a finalement été retenu en référence au 14 juillet 1790, date de la Fête de la Fédération (voir ancien article sur le sujet). La Fête de la Fédération constitue un des rares moments d’union entre les leaders révolutionnaires, la famille royale, l’armée, le clergé et le peuple. De plus, il marque l’adhésion de toutes les régions françaises à la Nation (d’où la notion de fédération) avec l’envoi de délégués des 83 départements à la fête.

« Article unique. – La République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle. »
loi du 6 juillet 1880

Voici quelques extraits du rapport de la séance du 29 juin 1880 au Sénat (notez bien le nombrilisme de la dernière phrase !) :
– « Mais, à ceux de nos collègues que des souvenirs tragiques feraient hésiter, rappelons que le 14 juillet 1789 […] fut suivi d’un autre 14 juillet, celui de 1790, qui consacra le premier par l’adhésion de la France entière […]. »
– « Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’uncun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité ».
– « Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. »

En résumé, au-delà de l’anecdote qui fait que la prise de la Bastille n’est qu’indirectement commémorée à travers notre fête nationale, on peut retenir que, plus que la fin de la monarchie absolue, c’est surtout l’union nationale qui est célébrée le 14 juillet.

24 juin 2008

La Marseillaise, incitation à la violence?

Filed under: Divers — Camille Desmoulins @ 12:08

Dans le cadre de le championnat d’Europe organisé dans son pays pendant ce mois de juin 2008, une enseignante suisse a porté plainte contre l’UEFA pour incitation à la violence publique. Elle se dit choquée par les paroles de plusieurs hymnes nationaux, dont la Marseillaise, qu’elle estime trop guerriers.

dessin de Cabu, dans le Canard enchaîné du 12 novembre 2003

Guerrier? Quoi de plus normal finalement puisque la Marseillaise est un chant de guerre. D’ailleurs, contrairement à ce qu’on entend parfois, la Marseillaise n’est pas le chant des Révolutionnaires contre les partisants du Roi Louis XVI et n’a pas été écrite à Marseille. Elle a été composée à Strasbourg dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 par le capitaine Rouget de Lisle, quelques jours après la déclaration de guerre par la France au Royaume de Hongrie et de Bohême. Le chant, initialement intitulé « Chant de guerre pour l’armée du Rhin » a été repris par les fédérés de Marseille participant à l’insurrection des Tuileries le 10 août 1792 (pour la chronologie, voir ici !), d’où son titre actuel.

Rouget de Lisle chantant « la Marseillaise »  par Isidore Pils [1848]

La Marseillaise fut déclarée chant national le 14 juillet 1795. Interdite sous l’Empire et la Restauration, la 3ème République en a fait l’hymne national en 1879.

La Marseillaise a été source d’inspiration pour de nombreux compositeurs. Serge Gainsbourg, par exemple, qui acheta le manuscrit original du Chant de guerre de l’armée du Rhin lors d’une vente aux enchères en décembre 1981, en a fait une version reggae à travers la chanson « Aux armes et caetera » . Dans un tout autre style, voici la version de 1907 (ça vaut le détour).

Pour en revenir à cette brave enseignante suisse choquée par notre Marseillaise (qui n’a d’ailleurs pas retenti bien longtemps), elle n’était pas au bout de ses peines… Lors du match Autriche-Allemagne (0-1) la chaîne de télévision suisse SRG a sous-titré l’hymne allemand avec les paroles de la version nazie !!! Chapeau bas !!

Bonne soirée!

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