Camille Desmoulins

21 décembre 2008

Critique littéraire

Filed under: Personnages — Camille Desmoulins @ 10:02

Voici quelques extraits d’une critique du chef de l’Etat par un écrivain :

« Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eut changé la face de la France, de l’Europe peut-être. […] Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète. […]. Il aime la gloriole, […] les paillettes, les grands mots, les grands titres, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. […] Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. […] Non, cet homme ne raisonne pas, il a des besoins, il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. […] Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l’aventure et l’aventurier et […] on ne trouve au fond de l’homme et du procédé que deux choses : la ruse et l’argent. »  

Détrompez-vous, il s’agit d’une critique de Louis-Napoléon Bonaparte, premier Président de la République française [1848-1852] avant de devenir Empereur [1852-1870, sous le nom de Napoléon III].

L’écrivain est Victor Hugo ; l’ouvrage est intitulé « Napoléon le petit ».

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Victor Hugo fait en effet partie du cercle restreint des écrivains qui ont joué un rôle politique significatif (voir ici un ancien article sur le sujet !).   

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Victor Hugo et Napoléon III par Faustin

Pour ceux qui voudraient en savoir plus, je vous invite à consuler la lettre de l’Académie consacrée aux relations entre Napoléon III et Victor Hugo (c’est ici), ou à lire « Napoléon le petit  » de Victor Hugo !

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8 novembre 2008

Gaston Monnerville

Filed under: Citations,Personnages — Camille Desmoulins @ 5:56

Nous, Français, avons la critique très facile envers ces Américains incultes, égoïstes, égocentriques (bref, plutôt de la tendance de l’ineffable Sarah Palin). Force est de reconnaître qu’ils nous ont bien eu.

Indépendamment des idées et des programmes, sommes-nous prêts en France à élire un homme ou une femme de couleur ou issu(e) d’une minorité ? Pas si sûr.

A ce jour, la personne de couleur qui a obtenu le plus haut poste en France est Gaston Monnerville puisqu’il a occupé le deuxième poste de la République en tant que Président du Sénat (pendant 22 ans, de 1947 à 1968). Par exemple, en cas de décès du Président de la République en cours de mandat, c’est le Président du Sénat qui assure l’interim avant la tenue de nouvelles élections (c’est arrivé avec A. Poher suite au décès de G. Pompidou en 1974).

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Résistant pendant la deuxième guerre mondiale, Gaston Monnerville a toutefois entretenu des relations difficiles avec de Gaulle. Par exemple, en octobre 1962, de Gaulle décide la dissolution de l’Assemblée nationale. Le jour même, Gaston Monnerveille est reçu à l’Elysée en sa qualité de Président du Sénat (c’est peut-être après ce bref entretien qu’a été prise la photo ci-dessus). De Gaulle l’accueille sans son bureau, debout, jouant avec sa monture de lunettes.
« – L’Assemblée nationale étant dissoute, la Constitution m’oblige à vous recevoir. Je connais votre opinion sur le référendum [sur l’élection du Président de la République au suffrage universel direct]. Avez-vous changé d’avis?
– Non.
– Dans ce cas, nous n’avons rien à nous dire. Au revoir. »
[d’après De Gaulle, de Marcel Jullian]

Vous pourrez voir ici la vidéo d’une interview, courte et intéressante, de Gaston Monnerville sur le Conseil Constitutionnel, dont il fut un des membres de 1974 à 1983.

4 octobre 2008

Jumeaux et politique

Filed under: Divers,Personnages — Camille Desmoulins @ 10:33

Vous vous souvenez ? C’est avec surprise – dans un premier temps amusée – que l’Europe a découvert en 2006 que deux jumeaux, Lech et Jaroslaw Kaczynski, occupaient les postes de Président de la République et de premier ministre de Pologne.

Les frères Kaczynski 

Existe-t-il des exemples dans l’histoire française de frères jumeaux ayant chacun joué un rôle politique significatif ?

Je ne vois qu’un exemple : les (faux) jumeaux Debré, fils de Michel Debré, premier ministre du général de Gaulle. Voici un petit rappel de leurs carrières politiques :
Jean-Louis Debré (né en 1944) : proche de Jacques Chirac, plusieurs fois élu député, ministre de l’intérieur (1995-1997), président de l’Assemblée Nationale (2002-2007), président du Conseil Constitutionnel (depuis 2007). 
Bernard Debré (né en 1944) : proche d’Edouard Balladur, élu plusieurs fois député, ministre de la Coopération (1994-1995).

Si Jean-Louis est maintenant plus connu que Bernard, chirurgien de profession, ce dernier a tout de même rappelé dans un article du Monde le 18 juillet 2008 : « J’ai été maire, conseiller général, ministre avant lui » !

Bernard et Jean-Louis Debré

Sans présenter une telle double carrière politique, d’autres « couples » de jumeaux ont occupé des postes importants ou ont été influents au sein de partis politiques. Par exemple les frères Paul et Jacques Vergès : le premier a été député et sénateur, le second avocat dans de nombreux procès médiatisés et proche du parti communiste. Les frères Jacques et Bernard Attali constituent un autre exemple, puisque le premier a été conseiller spécial de Mitterrand et le second patron d’Air France.

PS1 :  Vous imaginez ?!

PS2 : petit clin d’oeil à … mon frère jumeau !

27 août 2008

Les amitiés révolutionnaires de Camille Desmoulins

Filed under: Personnages — Camille Desmoulins @ 11:54

… (cet article complète quelques éléments de biographie de Camille Desmoulins rassemblés ici ; si vous avez besoin d’un peu d’aide pour situer les personnes citées plus bas, n’hésitez pas à cliquer sur le schéma à droite) …

 

Certains reprochent à Camille Desmoulins une certaine inconstance dans ses amitiés politiques : d’abord proche de Mirabeau, il se tourna ensuite successivement vers Barnave, Lameth et Duport, puis Brissot et Pétion, puis Robespierre, puis Danton. On comprend alors Michelet quand il évoque « les variations du pauvre Camille »…

Et si cette soi-disant inconstance de ses relations était en fait motivée par une certaine constance des idées ?

Pour preuve :
– résolument républicain dès 1789, il s’éloigne de Mirabeau et du trimuvirat Barnave, Lameth et Duport quand ceux-ci ne veulent pas renoncer à la monarchie ;
– pacifiste, il se détourne des girondins et notamment de Brissot quand ces derniers insistent pour déclarer la guerre au roi de Bohême et de Hongrie,
– opposé à la Terreur il rompt définitivement avec Robespierre quand il celui-ci en fait un principe du gouvernement. 

Camille Desmoulins considère plutôt que d’autres ont des convictions assez versatiles. Par exemple, il adresse au député Barère la critique suivante : « Oh ! la belle chose que de n’avoir pas de principe, que de savoir prendre le vent, et qu’on est heureux d’être une girouette! Ce n’est pas la girouette qui change, c’est le vent ».

A une autre occasion, Camille écrit : « J’ai varié souvent, parce qu’il y a si peu d’hommes conséquents ; mais, je l’ai déjà dit, ce n’est pas la girouette, mais le vent qui tourne ».

L’amitié pendant la Révolution n’est pas chose facile, avec l’ombre de la guillotine qui plane…

D’ailleurs, Camille Desmoulins fait le triste constat suivant : « Une fatalité bien marquée a voulu que des 60 personnes qui ont signé mon contrat de mariage, il ne me reste que deux amis, Robespierre et Danton, tous les autres sont émigrés ou guillotinés ».

Camille Desmoulins ne le savait pas encore, mais la ronde funèbre n’était pas encore terminée.

C’est sur ordre de Robespierre, son camarade du lycée Louis-Le-Grand, son témoin de mariage, le parrain de son enfant, ainsi qu’une vingtaine d’autres membres du Comité de Salut Public et du Comité de Sûreté Générale – dont Barère cité un peu plus haut – que Camille Desmoulins sera arrêté dans la nuit du 29 au mars 1794, ainsi que Danton.

  Ordre d’arrestation de Camille Desmoulins, dans la nuit du 29 au 30 mars 1794

Sans surprise, l’accusateur public du Tribunal révolutionnaire, Fouquier-Tinville, cousin éloigné de Camille et qui avait bénéficié quelques années auparavant de l’aide de celui-ci pour trouver un emploi, l’enverra à l’échafaud le 5 avril 1794, toujours accompagné de Danton…

 

PS : merci « La Bricole » pour le scan de l’acte d’arrestation !

6 juillet 2008

Panthéon – y rentrer, en sortir …

Filed under: Personnages — Camille Desmoulins @ 2:22

Il ne faut pas croire qu’une fois entré au Panthéon, un « grand homme » est définitivement installé… Le premier à être entré au Panthéon est Mirabeau, peu après sa mort survenue le 2 avril 1791. Il est aussi le premier « panthéonifié » à en être ressorti (21 septembre 1794) suite à la découverte des contacts qu’il avait entretenus secrètement avec Louis XVI au début de la Révolution. Ses cendres auraient finalement terminé dans les égouts de Paris.
Trois autres personnalités ont également été placées puis retirées du Panthéon, dont Marat (de 1794 à 1795) et le conventionnel Lepeletier de Saint-Fargeau (de 1793 à 1795).

Crypte du Panthéon

Depuis ces entrées-sorties hasardeuses sous la Révolution, les députés de la Convention ont sagement décidé en février 1795 que les honneurs du Panthéon ne pourraient être décernés à un citoyen qu’au plus tôt dix ans après sa mort. Depuis la Révolution, la décision du transfert d’un grand homme au Panthéon incombe soit l’Assemblée (par exemple 1ère République ou 3ème République) soit au chef de l’Etat (par exemple 1er Empire ou 5ème République).

Ainsi, 65 personnes reposent actuellement dans la crypte du Panthéon. Parmi eux, Le premier à y être entré est Voltaire, le 11 juillet 1791. C’est Jacques Chirac qui est à l’origine de la dernière inhumation à ce jour, celle d’Alexandre Dumas le 21 novembre 2002.

Parmi les personnalités les plus connues reposant au Panthéon, on trouve notamment Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, Lazare Carnot, Sadi Carnot (cf précisions sur cette incroyable famille ici!), Emile Zola, Léon Gambetta, Jean Jaurès, Jean Moulin, Pierre et Marie Curie, Nicolas de Condorcet, André Malraux.

A noter que les corps de deux personnes se trouvent au Panthéon non pas en hommage à leurs actions pour la Nation, mais afin de respecter les volontés de deux de leurs proches ayant souhaité reposer à leur côté : il s’agit du père de Victor Schoelcher [homme politique à l’origine de l’abolition de l’esclavage en 1848] et de la femme de Marcellin Berthelot [chimiste et homme politique].

Parmi les cérémonies les plus émouvantes de panthéonisation figure sans aucune doute celle du 19 décembre 1964, marquée par le discours d’André Malraux pour célebrer le souvenir de Jean-Moulin, dont voici un extrait :

Si vous souhaitez en savoir un peu plus sur l’histoire du Panthéon en tant qu’édifice, cliquez ici !

30 juin 2008

Acteurs 1870 – 1895

Filed under: Acteurs (schémas),Personnages — Camille Desmoulins @ 10:34

Voici la suite des schémas représentant les acteurs politiques ; aujourd’hui il s’agit de la période de 1870 à 1895. Pour les périodes prédécentes, cliquez ici!

Parmi les hommes politiques du début de la IIIè République, on trouve notamment le général Boulanger (1837-1891), à l’origine du mouvement « boulangiste ». Ministre de la Guerre en 1886-1887, il jouit d’une popularité sans cesse croissante. Profitant de la fragilité de la République encore naissante, il semble avoir tous les atouts pour réussir un coup d’Etat, notamment à la suite de son élection triomphale à l’Assemblée en janvier 1889.  

Déçus par son manque d’initiative et de courage, ses partisants finissent par le délaisser. Boulanger a juste le temps de fuir en Belgique avant la levée de son immunité parlementaire et sa condamnation en avril 1889 pour « complot contre la sûreté intérieure ». Il se suicide sur la tombe de sa maîtresse en Belgique le 30 septembre 1891.

 

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18 mai 2008

Sarkozy menacé par le retour d’un Roi ou d’un Empereur?

Filed under: Personnages — Camille Desmoulins @ 10:13

… peu probable j’en conviens !

On peut s’accorder à affirmer que seuls trois de nos concitoyens peuvent théoriquement prétendre au trône :

1 et 2) le descendant des Bourbon : il existe une querelle entre « légitimistes » et « orléanistes ». Les premiers soutiennent Louis-Alphonse de Bourbon (né en 1974 ; franco-espagnol), descendant le plus direct de Louis XIV. Dans une déclaration du 19 avril 2000, il affirme être « le successeur des rois de France ».
Les « orléanistes » jugent cette prétention en parfaite contradiction avec la renonciation de Philippe V [au centre de la généalogie donnée ici] au trône de France (traité d’Utrecht de 1713 qui consacre la séparation des couronnes françaises et espagnoles).
Les « orléanistes » estiment qu’il faut aller chercher le prétendant dans les Bourbons d’Orléans, c’est à dire les descendants de Louis-Philippe, dernier roi des Français. L’actuel chef de la Maison de France serait alors Henri d’Orléans (né en 1933).   

 

 

 

 3) le descendant des Bonaparte : il s’agit de Charles Napoléon (né en 1950), descendant de Jérôme, frère de Napoléon 1er. Pour accéder au pouvoir, l’actuel chef de la Maison impériale n’a pas choisi, comme son aïeul Napoléon 1er, la voie du coup d’Etat, mais a opté, comme son autre aïeul Napoléon III, pour le chemin des urnes. En effet, il s’est présenté -sans succès- en mars 2008 à la mairie de Nemours [sur une liste apparentée MoDem].

 

 

 

A noter que les prétendants au trône ne sont pas toujours ignorés par le Chef de l’Etat. Par exemple, pour certaines grandes décisions, de Gaulle consultait le comte de Paris, qu’il estimait être le chef de la Maison de France, ou, plus occasionnellement, le chef de la Maison impériale.

24 avril 2008

Hommes politiques à plume

Filed under: Personnages — Camille Desmoulins @ 2:01

Dans la catégorie « ah oui, il a joué un rôle politique important je crois, mais je ne sais plus exactement quoi », on trouve quelques illustres hommes de lettres.

Voici ceux qui me semblent les plus significatifs, c’est-à-dire les écrivains célèbres qui ont assumé une fonction politique d’envergure nationale.

Ne font pas partie de cette catégorie les poids lourds de la politique, qui écrivent -ou font écrire- des ouvrages dans un but plus ou moins électoral, ni les hommes politiques dont la production littéraire, certes réelle, reste mineure (F. Mitterrand, V. Giscard d’Estaing, etc), ni les écrivains engagés politiquement mais qui n’ont pas rempli de fonction nationale (JP. Sartre, E. Zola, A. Césaire, etc).

  • François-René de Chateaubriand [1768-1848] : C’est sous la Restauration [1815-1830] que son activité politique est la plus significative. Ministre de l’Intérieur [1815-1816] puis Ministre des affaires étrangères [1822-1824] sous Louis XVIII, il occupe ponctuellement des postes d’ambassadeur (Allemagne-1820, Angleterre-1822, Italie-1828/29) et siège à la Chambre des Pairs [1815-1830].
  • Alphonse de Lamartine [1790-1869] : Il est un des principaux acteurs des journées de la Révolution de 1848, qui conduit à la chute de Louis-Philippe et à l’établissement de la 2ème République. Ministre des affaires étrangères du gouvernement provisoire de 1848, il y joue un rôle déterminant. Il est également député sous la 2ème République [1848-1851] et est candidat à la première élection du Président de la République [1851].
  • Victor Hugo [1802-1885] : Lamartine lui propose un poste de Ministre (Instruction publique) dans le gouvernement provisoire qui fait suite à la Révolution de 1848, mais Victor Hugo refuse. Il est député de Paris sous la 2ème République [1848-1851].
  • André Malraux [1901-1976] : Ministre de l’information sous de Gaulle en 1945/46 dans le Gouvernement Provisoire de la République Française à la sortie de la 2ème guerre mondiale, il est à nouveau appelé par de Gaulle sous la 5ème République pour occuper le poste de Ministre de la culture entre 1959 et 1969.

S’il est difficile de généraliser le positionnement politique de ces écrivains-hommes politiques, on peut constater qu’ils se caractérisent par une importante évolution de leurs idées : Chateaubriand et Hugo sont progressivement passés de conservateurs à libéraux ; Malraux n’a jamais renié son passé de gauche mais a évolué vers un positionnement plus à droite auprès du général de Gaulle.

                               
Chateaubriand

 
Lamartine

 
 Hugo

   
 Malraux       

 

 

 

 

 

                                                                                                                                         

14 avril 2008

Camille Desmoulins, le vrai

Filed under: Personnages — Camille Desmoulins @ 9:19

Pourquoi avoir choisi comme peudonyme et nom de blog « Camille Desmoulins »?

Tout d’abord, quelques rappels sur la vie de cet avocat, journaliste et homme politique de la Révolution française :

– Camille Desmoulins a 29 ans quand il est élu député du Tiers-Etat en 1789 ;
– Son discours dans les jardins du Palais-Royal le 12 juillet 1789 suite au renvoi de Necker marque le début de l’insurrection qui va conduire à la prise de la Bastille deux jours plus tard ;
– D’abord proche de Mirabeau puis de Robespierre, il évolue vers le mouvement des Indulgents, dont le chef de file est Danton (voir carte schématique des acteurs de la Révolution) ;
– Il vote la mort de Louis XVI le 17 janvier 1793 ;
– Ses écrits, notamment dans son journal Le vieux Cordelier, comptent parmi ceux qui font le plus avancer la Révolution, sans démagogie ni vulgarité ; 
– Il s’oppose à la Terreur conduite par Robespierre mais en est finalement victime puisqu’il est guillotiné, tout comme Danton, le 5 avril 1794 ;
– Sur la charette qui le mène à la guillotine, il aurait crié  « Peuple on te trompe, on tue tes amis ! Mon seul crime n’a jamais été que d’avoir versé des larmes ! » puis, juste avant que le couperet tombe, « Lucile! », le nom de sa femme, avec qui il forme le plus célèbre couple de la Révolution et qui est guillotinée huit jours après son mari.

A mon avis, Camille Desmoulins a su, malgré les risques encourus (et avérés), faire les choix justes : à la fois défenseur acharné des libertés, il n’a sombré ni dans la corruption ni dans la Terreur, qu’il a dénoncées avec courage. De plus, cet idéaliste a vraisemblablement été le meilleur journaliste de la Révolution.

Statue de Camille Desmoulins au Palais Royal, détruite en 1941

20 mars 2008

Dynastie politique

Filed under: Personnages — Camille Desmoulins @ 10:26

Le 9 mars dernier, Jean Sarkozy, fils cadet du Président de la République, a été élu conseiller général des Hauts-de-Seine.  Serait-ce le début d’une nouvelle dynastie politique française?

C’est l’occasion de se remémorer une célèbre filiation républicaine : la famille Carnot (et ne sont cités ici que les membres ayant eu une carrière politique, ce qui exlut certains célèbres scientifiques) :

  • le père : Lazare Nicolas Carnot, dit « le Grand Carnot » [1753 – 1823] : général des armées révolutionnaires, l’ « organisateur de la victoire », membre du Comité de salut public sous la Convention, directeur sous le Directoire, ministre de la Guerre sous le Consulat. Régicide, hostile à la Terreur et à l’Empire, il passe pour l’un des hommes politiques les plus intègres et droits de son époque.
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  • le fils : Lazare Hippolyte Carnot [1801-1888] : député de Paris sous la Monarchie de Juillet, ministre de l’Instruction publique sous la deuxième République, député puis sénateur sous la troisième République. Animé par l’idéal républicain transmis par son père, il s’oppose au second Empire.
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  • le petit-fils : Marie François Sadi Carnot [1837 – 1894] : ministre des Travaux publics, ministre des Finances, puis Président de la République sous la troisième République. Victime du symbole républicain qu’il représente, il meurt assassiné à Lyon par l’anarchiste italien Caserio.
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Bien entendu, loin de moi l’idée saugrenue de comparer les illustres Carnot avec la famille Sarkozy (!). S’il veut devenir un acteur majeur de l’échiquier politique, Jean Sarkozy a encore beaucoup à prouver, d’autant plus que les filiations semblent être souvent accueillies avec ironie par leurs contemporains (familles Debré, Delors/Aubry, etc) alors qu’elles bénéficient d’un regard beaucoup plus bienveillant une fois entrées dans l’histoire (famille Casimir-Périer par exemple).

Mais pour l’heure, le fils du Président de la République va donc sièger à 21 ans aux côtés des 44 autres conseillers généraux d’un des départements les plus riches de France, alors qu’à l’évidence il doit son investiture à son patronyme…

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