Notre histoire nationale est ponctuée de rassemblements festifs : manifestations plus ou moins politiques, plus ou moins religieuses, plus ou moins patriotiques, plus ou moins spontanées.
Pour la période révolutionnaire et impériale, il est intéressant de s’attarder sur trois fêtes particulières :
- la Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 : célébrée au Champ-de-Mars à l’occasion du premier anniversaire de la prise de la Bastille, elle est un des très rares moments d’union entre les leaders révolutionnaires, la famille royale et le peuple. Talleyrand (en tant qu’évèque) et La Fayette occupent des rôles importants, aux côtés de Louis XVI et Marie-Antoinette. A noter que le 14 juillet sera décreté fête nationale en 1880 non pas directement pour commémorer la prise de la Bastille mais en souvenir de la Fête de la Fédération!

- la Fête de l’Etre suprême, le 8 juin 1794 : organisée par Robespierre alors au sommet de sa gloire, cette fête fait notamment l’objet d’une importante manifestation à Paris, du Champ-de-Mars aux Tuileries. Cette vénération de l’ “Etre suprême” contraste avec les habituelles convictions anti-religieuses des révolutionnaires. Robespierre pense-t-il finalement que les hommes ne peuvent pas vivre sans foi ni croyance divine? En tout cas, cette manifestation marque le début de sa descente aux enfers, qui se terminera sous le couperet de la guillotine moins de deux mois plus tard.

- la Cérémonie du Champ-de-Mai, 1er juin 1815 : célébrée au Champ-de-Mars (devenu provisoirement Champ-de-Mai) lors de la période des Cent-Jours, cette manifestation met en scène Napoléon prêtant serment à la Constitution de l’Empire. Alors que le peuple attend le guerrier héritier de la Révolution et opposé aux Bourbons, Napoléon apparaît en tenue pompeuse, voire, selon les témoignages de l’époque, grotesque. L’union avec le peuple français n’est de toutes façons plus réelle et la fin de l’Empire approche (22 juin 1815).

De nos jours, il paraîtrait incongru que le gouvernement français organise de telles cérémonies politiques (mais qui sait?!).
A mon avis, la dernière fête politique/patriotique nationale de très grande envergure est la ferveur populaire de la libération de Paris (26 août 1944). Les mouvements de fin avril/début mai 2002 suite au vote du premier tour des présidentielles (Le Pen au deuxième tour) pourraient peut-être aussi être considérés dans cette catégorie, même s’il s’agissait principalement de manifestations contestataires.
PS : merci aux spécialistes des forums impériaux Jean-Yves (http://lesapn.forumactif.fr/index.htm) et Adjoint (http://www.napoleon1er.org) pour le tableau de la Cérémonie du Champ-de-Mai!